jeudi 8 juin 2017

Les Gens Heureux interpellent les candidats aux législatives

Dans le cadre de la campagne électorale pour les élections législatives, les Gens Heureux ont adressé, mercredi 7 juin, une lettre et quatre questions aux candidats de la cinquième circonscription des Côtes-D’Armor. Trois candidats ont répondu : Eric Bothorel (LREM), Eric Robert (PS), Yves Nedellec (EELV) et Trefina Kerrain (Oui la Bretagne). Nous publierons sur le blog les réponses des autres candidats quand elles nous parviendront.

La lettre des Gens Heureux

Vous êtes candidat aux élections législatives dans la cinquième circonscription des Côtes-d’Armor.

Pendant l’hiver passé, suite au démantèlement de la “jungle” de Calais, une cinquantaine de réfugiés ont séjourné dans les Centre d’accueil et d’orientation (CAO) de Trégastel et de Trébeurden. Ce séjour s’est terminé à la fin du mois de mars.

Outre les services de l’Etat, l’entreprise Coallia missionnée pour l’accompagnement social des réfugiés, et les communes de Trégastel et de Trébeurden, de nombreux bénévoles sont mobilisés au sein du collectif des Gens Heureux d’accueillir des réfugiés. Nous avons travaillé en étroite collaboration avec l’ensemble des acteurs et cet engagement de tous les acteurs du territoire a contribué à la réussite de cette expérience.

Alors que les réfugiés ont, pour la plupart, quitté le territoire de la circonscription, nous souhaitons connaître vos intentions si vous deveniez député.e :
1. Accompagnerez-vous et soutiendrez-vous le collectif des Gens Heureux et le collectif de soutien aux sans papiers du Trégor dans leur soutien auprès des personnes migrantes ?
2. Plaiderez-vous auprès du gouvernement pour que les prérogatives liées à l’asile et à l’immigration ne soient plus confiées au seul ministère de l’Intérieur, conformément à l’approche humaniste de l’asile, droit fondamental, reconnu par notre Constitution et notre adhésion à la Convention de Genève de 1951 ?
3. Plaiderez-vous pour l’abolition du délit de solidarité et la réécriture de l’article L 622-1 dans le Code de l’entrée, du séjour des étrangers et du droit d’asile ?
4. Remettrez-vous en cause les accords de Dublin que Madame Erhel avait dénoncés en janvier lors d’une cérémonie de parrainages à Trébeurden ?

Dans l'attente de votre réponse, veuillez recevoir l'expression de nos meilleurs sentiments.


La réponse d’Eric Bothorel (La république en marche)
J'étais aux côtés de Corinne lors de la contre manifestation faisant face à celle du FN, dite anti-migrants. Je me suis, il y a plusieurs mois, porté volontaire auprès de l association Singa Project (aide aux réfugiés).
Ma sensibilité, mes valeurs et mon parcours sont en phase avec les combats que vous portez et que je mènerez demain en tant que parlementaire si les électeurs me font confiance.
Mes réponses sont positives pour les 4.

La réponse d’Eric Robert (parti socialiste)
1. Accompagnerez-vous et soutiendrez-vous le collectif des Gens Heureux et le collectif de soutien aux sans papiers du Trégor dans leur soutien auprès des personnes migrantes ?
Je m'engage à accompagner et soutenir les deux collectifs. Mais mon soutien an tant que candidat aux élections législatives s’adresse également aux associations qui disposent d'un support national (Cimade, Gisti, Coallia ) ainsi qu’aux barreaux concernés.
Je tiens à rappeler que j'ai sollicité le collectif "Les gens heureux d’accueillir des réfugiés à Trégastel et Trebeurden" pour un entretien dès le début de ma campagne, précisément pour vous manifester mon soutien. Mais aussi parce qu'il me semble primordial de prendre le temps de rencontrer les acteurs locaux. Cela témoigne de ma méthode : prendre le temps de faire connaissance et d'approfondir les sujets afin de mieux en comprendre les enjeux. 

2. Plaiderez-vous auprès du gouvernement pour que les prérogatives liées à l’asile et à l’immigration ne soient plus confiées au seul ministère de l’Intérieur, conformément à l’approche humaniste de l’asile, droit fondamental, reconnu par notre Constitution et notre adhésion à la Convention de Genève de 1951 ?
Le ministère de l’Intérieur est en charge aujourd’hui des prérogatives liées aux affaires étrangères et aux affaires sociales.  Ce monopole du ministère de l’Intérieur est un vrai problème car il participe de la confusion fréquente entre immigration et asile, et demande pour raison de santé et prétendue fraude. Les services des préfectures chargés d'accompagner les personnes qui demandent l'asile doivent aussi être soutenus afin de pouvoir proposer un accompagnement de qualité et le plus rapide possible pour les demandeurs de droit d’asile.

3. Plaiderez-vous pour l’abolition du délit de solidarité et la réécriture de l’article L 622-1 dans le Code de l’entrée, du séjour des étrangers et du droit d’asile ?
Vous faites référence au procès de bénévoles qui ont aidé à passer des demandeurs d'asile bloqués à la frontière italienne notamment. Pour ma part, la pénalisation devrait être circonscrite aux réseaux mafieux et aux marchands de sommeil sans que les bonnes volontés individuelles puissent être inquiétées.

4. Remettrez-vous en cause les accords de Dublin que Madame Erhel avait dénoncés en janvier lors d’une cérémonie de parrainages à Trébeurden ?
Comme je vous l'ai dit lors de notre entretien du 29 mai je m'engage à remettre en cause les accords de Dublin afin de faciliter le parcours des demandeurs d'asile dans leur souhait de s'intégrer dans un pays de leur choix. Les accords de Dublin vont à l'encontre de nos valeurs républicaines et devraient être supprimés. En réalité, le constat d'échec du système Dublin actuel a déjà été fait par la Commission elle-même. Le règlement sert essentiellement à tenter de remplir des objectifs chiffrés d'éloignement pour les préfectures sans égard à la demande d'asile elle-même, dont on peut douter qu'elle sera réellement examinée en Hongrie ou en Grèce, pour des raisons différentes bien sûr. Il faut donc faire pression sur les instances européennes et rester vigilant sur les projets de la commission qui ne vont pas forcément dans le sens d'un plus grand respect de la convention de Genève.
C'est précisément sur ce genre de sujet qu'en tant que socialiste j'aurai la liberté de m’exprimer  quand les députés rem devront soutenir  le ministre de l'Interieur qui réaffirme concernant les personnes qui demandent l'asile : "(...) celles dont la demande d'asile relève d'un autre Etat membre doivent être réadmises dans cet Etat."  


La réponse d'Yves Nedellec (Europe Ecologie Les Verts)

1. Accompagnerez-vous et soutiendrez-vous le collectif des Gens Heureux et le collectif de soutien aux sans papiers du Trégor dans leur soutien auprès des personnes migrantes ?OUI. De nombreux trégorrois et trégorroises font preuve d'une grande solidarité que ce soit au sein du CSSP ou du plus récent collectif des Gens Heureux. Au delà des réfugiés qui ont séjourné à Trébeurden et Trégastel, le CSSP accompagne au quotidien des jeunes Mineurs Non Accompagnés ou jeunes majeurs. Je soutiendrai toutes les initiatives qui permettront à la solidarité citoyenne, idéalement aux côtés du Conseil Départementald'aider ces jeunes à faire valoir leurs droits et à se (re)-construire. 

Questions 2 à 4 : OUI sans aucun doute à chacune des ces trois questions. Ces trois éléments font partie des 15 points votés par le Conseil Fédéral d'EELV des 13 et 14 octobre 2015 dans le cadre de la motion "Passons des discours aux actes"Cette motion est accessible via ce lien et est malheureusement toujours d'actualité.

La réponse de Trefina Kerrain (Oui la Bretagne - Breizh evel just)
1. Accompagnerez-vous et soutiendrez-vous le collectif des Gens Heureux et le collectif de soutien aux sans papiers du Trégor dans leur soutien auprès des personnes migrantes ?
J’ai suivi avec attention les actions du collectif des Gens Heureux et du collectif de soutien aux sans papiers du Trégor (tout comme de nombreux membres de l’UDB, dont je fais partie). Quoi qu’il arrive, je continuerai à les soutenir et à m’investir auprès des personnes migrantes, pour qu’elles puissent avoir accès au droit de solliciter l’asile ainsi qu’à un travail, un logement décent et aux services de santé. 

2. Plaiderez-vous auprès du gouvernement pour que les prérogatives liées à l’asile et à l’immigration ne soient plus confiées au seul ministère de l’Intérieur, conformément à l’approche humaniste de l’asile, droit fondamental, reconnu par notre Constitution et notre adhésion à la Convention de Genève de 1951 ?
Oui, je m’y engage. Il ne faut pas confondre l’accueil et l’intégration des étrangers avec une politique de gestion des flux migratoires. Je lutte pour une véritable décentralisation des pouvoirs à tous les niveaux. Il est essentiel d’augmenter les moyens des collectivités locales, qui se suppléent en partie à l’État pour la protection des personnes immigrées. 
En conséquence, les prérogatives liées à l’asile et à l’immigration ne doivent plus être confiées au seul ministère de l’intérieur. 

3. Plaiderez-vous pour l’abolition du délit de solidarité et la réécriture de l’article L 622-1 dans le Code de l’entrée, du séjour des étrangers et du droit d’asile ?
Oui, sans hésiter ! L’humain est prioritaire. Les demandeurs d’asile ne fuient pas leur pays par plaisir, ils cherchent un refuge, un lieu d’accueil où leur vie ne sera pas en danger. Les familles ne doivent pas être séparées ou renvoyées dans leurs pays où les soins médicaux sont insuffisants. 
Les personnes qui leur viennent en aide ne doivent pas subir le délit de solidarité, il est donc nécessaire de réécrire l’article L 622-1 dans le Code de l’entrée, du séjour des étrangers et du droit d’asile. 

4. Remettrez-vous en cause les accords de Dublin que Madame Erhel avait dénoncés en janvier lors d’une cérémonie de parrainages à Trébeurden ?
Oui, je rejoins le point de vue Corinne Erhel sur ce point. Les accords de Dublin sont injustes, nous devons tout faire pour que les personnes hébergées en CAO, notamment à Trébeurden et Trégastel, puissent demander le droit d’Asile en France. 

samedi 6 mai 2017

Corinne Erhel est décédée, les Gens Heureux sont malheureux

Corinne Erhel parmi les Gens Heureux et les réfugiés,
en mars, quelques jours avant la fermture du CAO de Trébeurden.
Les Gens Heureux d’accueillir des réfugiés à Trégastel et Trébeurden rendent hommage à la mémoire de Corinne Erhel, décédée subitement, le 5 mai à Plouisy et présentent leurs condoléances à sa famille et ses proches.
Discrètement, la députée du Trégor avait rejoint le collectif au début du mois de novembre.
Aussi discrètement, elle a participé aux premiers moments de convivialité organisés avec les réfugiés et les bénévoles qui les accompagnent.
Discrètement toujours, elle s’est intéressée au parcours des demandeurs d’asile et a proposé son aide précieuse pour dénouer les multiples difficultés auxquelles ils font face.
Encore discrètement, elle a fait savoir qu’elle était prête à parrainer l’un d’entre eux.
Aujourd’hui est un jour de peine.
Mais nous avons partagé avec elle des moments de joie, comme l’annonce, en mars, de la possibilité pour tous les réfugiés de déposer en France leur demande d’asile.
Le plus beau moment de partage fut certainement cette soirée de baptêmes républicains à Trébeurden, en janvier. Elle avait alors publiquement déclaré qu'à ses yeux, le règlement de Dublin est injuste. Qu'il fallait le supprimer. Si Emmanuel Macron, le candidat qu'elle a soutenu dans ces élections accède à la présidence de la République, souhaitons qu'il exauce ce voeu.


Toutes nos pensées vont à ses proches.

mercredi 29 mars 2017

Réunion du collectif, vendredi 31 mars, à 19h à Pleumeur-Bodou

Fin septembre 2016, le collectif des gens heureux se définissait ainsi : « heureux de pouvoir faire quelque chose pour accueillir 30 réfugiés à Trégastel et 40 à Trébeurden. On ne sait pas encore ce que ça va donner concrètement, mais on va se poser la question ensemble. » Le « quelque chose » s’est transformé en un formidable élan de solidarité et de fraternité, décliné en une multitude d’actions. Chacun, à son niveau, a apporté son aide.

Tous les pensionnaires de Trébeurden ont maintenant quitté la CCAS pour d’autres structures situées en Bretagne, mais nous gardons le contact et de vrais liens se sont tissés.

Le collectif doit maintenant se poser la question : « Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? »

Nous vous proposons de nous retrouver pour en discuter le vendredi 31 mars à 19h, au Pôle Phoenix à Pleumeur-Bodou. Nos amis soudanais, afghans ou érythréens sont bienvenus.

Comme il sera l’heure de manger, apportez un plat salé ou sucré, une boisson, ce que vous voulez !